Mardi 7 juin 18h00-21h30 : regard et critique de l’image ?
Accès libre sur inscription à l’aide du bulletin d’inscription à renvoyer à CFS asbl par mail, courrier ou fax.
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Objectif : découvrir que la question du regard ne se résume pas à la question de la représentation. Il y a un véritable enjeu de pouvoir dans le regard qu’on porte sur quelqu’un, mais aussi une libération possible. À partir d’extraits du film « ET LA VIE » de Denis GHEERBRANT, nous poserons la question du regard comme enjeu de pouvoir.

Un film réalisé avec très peu de moyens techniques et qui pourtant pose un constat implacable : le travail, c’est désormais avant tout le chômage ou la précarité. Durant 2 ans, le cinéaste a recueilli les paroles de petites gens qui racontent leur quotidien. Si on n’y prête garde, ces propos  nous apparaissent, dix ans après, comme agréablement désuets, attendrissants, à la limite de la naïveté.  Mais à bien y regarder, on assiste à l’émergence d’une prise de conscience de nouvelles réalités sociales.  

Pourquoi la question du regard ?

Notre monde contemporain est saturé d’images, sur lesquelles nous posons des regards variés et complexes. C’est pourquoi, tenter une démarche d’appréhension du ou des regards, constitue un mode inédit d’observation et de compréhension du monde. A chaque regard, autant de lectures possibles du monde. Cette saison, la question du regard a traversé toute notre pratique de formation à l’Université populaire et au CFS. Des regards multiples et polysémiques :

•    Lors de la conférence inaugurale, Vinciane Despret nous a invités à questionner le regard des chercheurs sur les animaux, ce regard qui crée leur « bêtise » ou qui observe la complexité de leur comportement.
•    Paul Aron nous a indiqué le dilemme de Constant Malva, ou comment les regards du mineur de fond et de l’écrivain sont contradictoires et difficiles à concilier.
•    Le cycle « gueules noires » de Laurent Courtens a proposé un regard sur la représentation du travail dans l’art.
•    Que nous montre la télévision ? Avec quel regard la caméra nous restitue-t-elle la vie du monde ? En formation, nous avons étudié la théorie des médias de Chomsky, et sa critique avec Philippe Corcuff.
•    Notre expérience d’alphabétisation, relayée par les Ateliers du mardi, montre l’importance de notre regard sur les personnes analphabètes, selon que nous les voyions comme « déficientes » ou selon le mot d’ordre du GFEN «tous capables».
•    Avec Lionel Thelen, nous avons aussi évoqué notre regard de « compassion » pour le SDF.
•    Enfin, le film « la chaîne du silence » nous donne à regarder la souffrance au travail, et oppose « le regard qui voit » au « regard qui ne voit pas » la détresse d’un ouvrier à la chaîne chez VW.

Le cycle de formation que nous vous proposons, prolonge cette réflexion sur l’impact du regard,  à partir du « point de vue » de celui qui l’a produit, une réflexion sur la manière de « faire du cinéma » qui soit « au service » de valeurs d’émancipation. Un cycle de formation en 3 séances pour 3 manières de regarder et de produire de l’image.

Pour qui ?
Pour les animateurs, formateurs, éducateurs, militants associatifs qui souhaitent analyser et produire de l’image avec leurs publics, ou qui le faisant déjà,  souhaitent réfléchir à leurs pratiques.
De très nombreuses associations choisissent de travailler sur « l’image » de leur public, en  réalisant des ateliers radio, vidéo, des sites internet, des ateliers écriture ou de théâtre qui apportent des témoignages, font connaître le point de vue d’une minorité, contestent certains préjugés, clichés, etc.

Objectifs généraux :
•    Examiner l’image en tant que point de vue,  donc jamais neutre
•    Prendre conscience que les savoirs des couches populaires et leur regard spécifique,  ne sont que peu ou mal relayés dans les médias
•    Découvrir des grilles d’analyse critique de ce regard que nous transformons en média
•    Découvrir des outils concrets pour « filmer autrement », en rendant aux populations leur regard singulier : il ne suffit pas d’envoyer des cameramen dans les usines, ni de mettre une caméra dans les mains du peuple
•    L’enjeu est de « donner à voir » la spécificité de leur regard sur leur réalité
•    Envisager des pistes pour développer un « regard singulier » qui leur soit propre
•    Identifier les mécanismes participant à l’élaboration de l’image
•    Élargir les perspectives, au-delà des images identificatoires de bonheur que prescrivent la plupart des médias

Méthodologie :
Alternance de temps d’analyse collective d’images cinématographiques ou documentaires et d’apports structurants des intervenants : observer et dégager des pistes réflexives.

Contenus :

Mardi 31 mai 18h00-21h00 : pouvoir et regard
Objectif : découvrir que la question du regard ne se résume pas à la question de la représentation. Il y a un véritable enjeu de pouvoir dans le regard qu’on porte sur quelqu’un, mais aussi une libération possible. À partir d’extraits du film « ET LA VIE » de Denis GHEERBRANT, nous poserons la question du regard comme enjeu de pouvoir. Un film réalisé avec très peu de moyens techniques et qui pourtant pose un constat implacable : le travail, c’est désormais avant tout le chômage ou la précarité. Durant 2 ans, le cinéaste a recueilli les paroles de petites gens qui racontent leur quotidien. Si on n’y prête garde, ces propos  nous apparaissent, dix ans après, comme agréablement désuets, attendrissants, à la limite de la naïveté.  Mais à bien y regarder, on assiste à l’émergence d’une prise de conscience de nouvelles réalités sociales.

Mardi 7 juin 18h00-21h30 : regard et critique de l’image ?
Objectif : envisager comment se structure le regard. Le film « ICI ET AILLEURS » nous permettra d’aborder autrement la question de la critique des médias.  Pour cela, nous vous proposerons de découvrir un documentaire,  « Ici et ailleurs », de Jean Luc Godard et Anne-Marie Miéville.
Miéville et Godard reçoivent en 1970 une commande du Comité Central de l’Organisation de Libération de la Palestine (l’OLP) d’un film sur le camp palestinien d’Amman en Jordanie. Après le «Septembre noir», le projet de film est délaissé. Quatre ans plus tard, ils reprennent ces images avec désormais pour titre « Ici et ailleurs ». De nouvelles traductions de l’arabe parlé par les protagonistes filmés à l’époque laissent apparaître une réalité beaucoup plus complexe. Les réalisateurs tentent de comprendre et d’expliquer, avec beaucoup de pédagogie, pourquoi ils n’avaient rien vu dans les images qu’ils avaient pourtant eux-mêmes tournées.

Mardi 14 juin : le secteur associatif peut-il produire une « image singulière » ?
Objectif : à partir de productions associatives récentes, voire de supports proposés par les participants, nous tenterons de dégager  des éléments constitutifs d’une image élaborée par le secteur associatif.Pour ce faire, nous travaillerons à partir de deux productions associatives : « Goudou Goudou » de Fabrizio Scapin et Pieter Van Eecke de Polymorfilms asbl.  « Bateau Ivre » de Chafik Allal, Claudio Campana, Banlieues asbl.


Intervenants
:

Guillermo Kozlowski, philosophe, CFS asbl.
Paola Stevenne, réalisatrice audio et de cinéma, elle explore les différentes facettes de l’humain, l’exil, la transmission, le partage… à travers des films comme TERRE DE CONFUSION ou B-BOYS FLY GIRL.

Infos pratiques :
Quand ? 31 mai, 7 et 14 juin 2011  de 18H00 à 21h00
Où ? Université Populaire de Bruxelles, 26 rue de la Victoire à 1060 Bruxelles.
Accès libre sur inscription via le bulletin d’inscription qui se trouve ICI