Une nouvelle séance de l’atelier de pensée collective avec Isabelle Stengers, Guillermo Kozlowski et Baptiste De Reymaeker

Jeudi 29 janvier à 18h30 à l’UP de Bruxelles

Est-ce que les luttes ont des identités ? Est-ce que les identités des luttes doivent changer, être dans le mouvement ? Comment ces différentes luttes entrent en interaction, alors qu’elles ont des identités différentes ?

Pour le prochain atelier, Martin a proposé de questionner les différentes manières dont les textes, articles, brochures, livres, etc. qui participent des luttes sont signés (ou pas) par leurs auteurs :

  • en effet, si certains, tels de nombreux groupes autonomes anarchistes, ne signent plus leurs textes du tout depuis les années 60 ;
  • les syndicats, associations, partis politiques et nombre d’autres organisations signent toujours, pour des raisons évidentes de visibilité, de leurs sigles ou du nom des rédacteurs des textes ;
  • ils ne sont d’ailleurs pas les seuls, puisque bon nombre d’autres, individus ou collectifs, continuent, pour des raisons plus ou moins réfléchies, à signer leurs productions de leurs propres noms ou de simples pseudonymes ;
  • par ailleurs, à la fin du 20e siècle, sont apparus des auteurs collectifs plus ou moins « disponibles », tel, par exemple, Luther Blissett ; ou Nicolas Bourbaki.
  • et d’autres qui « s’appartiennent », tel ce Comité invisible qui choisit délibérément une dénomination en trompe-l’œil pour ce qui se veut être un « organe de liaison » au sein du « parti imaginaire » ;

Quelles stratégies ou projets politiques et/ou collectifs peuvent sous-tendre ces choix « éditoriaux »? Et quels effets ceux-ci développent-ils sur ces stratégies et projets? Comment ces différents modes de signature nous situent-ils (parfois de force) dans l’espace des luttes? Qu’impliquent-ils pour un public averti? Et pour un public qui ne le serait pas – et qui pourrait être touché par des textes, qui pourrait vouloir s’impliquer, rencontrer, etc. les luttes en question?

Ces questions impliquent de mobiliser et de mettre en question les concepts de délégation, de représentation, de limitation et de légitimation des discours et des actes.

D’autre part, au delà de ces questionnements larges, il a inscrit le problème dans une dimension plus personnelle, qui touche à la difficulté de renoncer à s’approprier ses propres textes pour les livrer à l’intelligence collective et à l’usage qu’elle pourra vouloir en faire.

Il s’agit là plutôt d’interroger le conditionnement à la propriété, certes, mais aussi l’ego, et une certaine idée selon laquelle « les écrits restent » et l’espoir – assez vain d’ailleurs – de rester à travers eux…

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Toutes nos conférences sont gratuites et libre d’accès. Il n’y a pas de réservation.