La démarche de l’atelier de pensée collective consiste à s’occuper de questions qui nous inquiètent, et dont nous ne savons pas quoi faire. C’est ainsi qu’en 2012, sept soirées ont été consacrées au management. Nous proposons en 2013, de recommencer notre travail sur une autre problématique, apparue au fil de nos rencontres.
Animés par notre équipe philo de choc, avec notamment Isabelle Stengers, Baptiste De Reymaeker, Guillermo Kozlowski…

La lutte continue ! La lutte continue ? La lutte continue…

Nous l’entendons sous tous les tons, dès que la lutte décroit, un appel à serrer les dents. Pourquoi y aurait-il une sorte d’obligation (morale ?) de continuer ? Et, qu’est-ce au juste qui « continue » ? Doit-on le faire toujours de la même manière ? Doit-on garder les hypothèses de départ, coûte que coûte ? Doit-on perpétuer des structures, des institutions, des organisations ? Existe-t-il une boussole garantissant la continuité de la lutte ? Devons-nous rester égaux à nous-mêmes ? Pouvons-nous seulement rester égaux à nous-mêmes? Les problématiques sur lesquelles nous luttons sont-elles les mêmes ? Doit-on, au contraire, commencer de zéro à chaque fois ?

Et, plus largement, une lutte ne débouchant pas sur une victoire est-elle un échec ? Peut-on accepter des défaites ? Une lutte bien menée ouvre-t-elle toujours sur une victoire ? A l’instar des films américains, suffit-il d’être persévérant pour emporter une victoire totale ?

Est-ce faute d’avoir été assez forts que la victoire nous échappe ? Mais alors, ne se rapproche-t-on pas là des thèses néolibérales et leurs sacro-sainte opposition entre « winners & losers » ?

Ces questions ne sont pas rhétoriques ! Elles déterminent en partie nos luttes, la forme qu’elles prennent, les possibilités qu’elles ouvrent ou ferment, ce qu’elles peuvent faire ou pas.

D’un point de vue pratique :

Nous désirons travailler collectivement et de nous donner le temps de penser. Il serait donc incohérent de donner un programme à l’avance. Mais il nous semble important de prévoir, à la fin de chaque séance, le sujet de travail, au moins de la séance suivante. Ceci permettrait aussi bien un travail personnel de recherche que la mise en place d’éventuelles interventions, le choix de documents à travailler pendant les séances ou lors des prochaines séances etc… Nous nous proposons également de produire des comptes-rendus des rencontres disponibles de séances en séances.